Voir le vent

Hier, je revenais tranquillement de passer une agréable soirée en compagnie d’une amie proche. J’étais plutôt fatiguée et, lorsque j’ai arrêté le moteur de ma voiture en arrivant chez moi, je n’avais qu’une seule envie: rentrer me coucher sans attendre. Malgré cela, je suis restée assise à l’intérieur de l’habitacle pendant un petit moment, touchée par le spectacle qui s’offrait à moi. Hier soir, sous la lune qui donnait au ciel une belle couleur indigo, j’ai vu le vent.

Je sais, techniquement, on ne peut pas voir le vent. Évidemment. On voit ce qu’il déplace, ce qu’il éparpille. Hier, je suis restée comme hypnotisée par sa danse, les volutes de neige qui se soulevaient en tourbillonnant, qui me permettaient de suivre la trace du vent, d’assister à son arrivée, d’être témoin de son départ. Bourrasque après bourrasque.

Ceux qui me connaissent très bien savent que j’éprouve depuis longtemps une espèce de fascination pour le vent. Avouons-le, nous avons tous certains petits phénomènes qui nous éblouissent, qui rendent notre cœur léger ; du moins, j’aime le penser. Parce que c’est dans ce genre de petites choses que se trouvent la beauté et la magie de notre monde, comme j’en discutais justement avec une collègue libraire, l’autre jour. Pour moi, le vent a cet effet-là. Chaque fois que je peux être témoin de sa présence tangible, que j’arrive à l’apercevoir autour de moi, je ressens comme un petit frisson. Comme quand, enfant, j’avais vu un magnifique tourbillon de feuilles mortes s’élever dans les airs sur plusieurs mètres avant de retomber en pluie d’automne. À ce moment-là, le vent m’avait émerveillée. Hier soir, il m’a émue.

Oui, oui, émue. Avec le petit serrement dans la gorge, la beauté du moment qui apaise tout le corps. Voyez-vous, il y a quelques semaines de cela, une amie qui m’est extrêmement précieuse a perdu sa mère. Toutes les deux trop jeunes, pour partir et pour devoir encaisser le choc du départ. Des injustices du monde comme il s’en fait tout le temps, partout. Ailleurs, mais chez nous aussi. Je ne vais pas ânonner le discours traditionnel sur la fragilité de la vie, parce que bon, c’est cliché et tout le monde l’a déjà entendu, celui-là. Tout le monde le sait, et tout le monde en prend conscience un jour ou l’autre, lorsque frappé par un coup dur. Jamais avant, malheureusement. Mais les petites beautés de la vie, il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour les voir. Elles sont toujours là… Suffit de leur prêter attention.

Alors moi, quand je vois le vent, je trouve ça émouvant. Un moment unique, fragile. Quelque chose qui me rappelle que si parfois notre monde est dur, il est aussi d’une beauté incroyablement magique.

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