J’aime, j’aime beaucoup (spécial théâtre) : Haute Fidélité

Je ne suis pas une grande spécialiste de théâtre.

Mon dada à moi, c’est plutôt (vous l’aurez vaguement deviné) la littérature. Le théâtre, je l’ai apprivoisé quand j’étais petite, j’y ai beaucoup participé dans le programme d’art dramatique de mon école secondaire, j’ai remis ça à plus petite dose au cégep et je l’ai un peu étudié à l’université.

Je ne suis pas une grande spécialiste de théâtre, mais j’apprécie grandement cet art, cousin de la littérature, et je sais reconnaître une bonne pièce lorsque j’en vois une!

J’ai eu la chance, hier, d’assister à l’avant-première de la pièce de théâtre Haute Fidélité, présentée à la Salle du Parvis à Sherbrooke… et il faut avouer qu’il y avait longtemps que je n’avais pas ri à ce point-là dans une salle de spectacle. C’était du bonbon!

Bon, je vous vois venir: « Le Parvis, c’est pas là que tu travailles? On sait ben que t’as un parti pris! » Ceux qui me connaissent bien savent que j’ai beaucoup de mal à promouvoir avec enthousiasme quelque chose qui me laisse indifférente. Et laissez-moi simplement vous dire ceci: chaque semaine, plusieurs événements d’intérêt ont lieu dans ce centre culturel unique. Plusieurs. Chaque semaine. En dépit de la qualité des événements présentés, me voyez-vous systématiquement écrire des articles hebdomadaires pour tout promouvoir, à tout prix? Non?

Ben c’est ça.

Haute Fidélité (Run for Your Wife en version originale) est une savoureuse comédie de l’auteur britannique Ray Cooney, présentée par la troupe de théâtre sherbrookoise Skênê Machine et mise en scène par la jeune Laurie Léveillé. Les bases de la pièce sont assez simples; l’histoire qui en résulte est, quant à elle, totalement tirée par les cheveux, pour le plus grand bonheur des spectateurs!

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Alexe Laroche, Alexandre Martin et Alicia Lemieux ; photo prise sur https://www.salleduparvis.com

Jos Bleau, chauffeur de taxi, est marié simultanément à deux femmes qui ignorent tout de sa double vie. Comme il suit un horaire assez strictement établi, il n’a aucun mal à habiter deux appartements sans éveiller les soupçons de ses épouses. La situation se corse lorsque, pris au milieu d’une altercation, il est blessé et conduit à l’hôpital ; sur place, confus en raison de sa blessure à la tête, il donne au personnel une adresse différente de celle qu’il a fournie aux policiers… Se succèdent alors une série de mensonges tous plus grotesques les uns que les autres, dans lesquels se trouvent rapidement emmêlés Jos, son ami Gustave, ses deux femmes Carmen et Thérèse, les agents de police Trottier et Grand’Maison ainsi que Jeannot, son coloré voisin.

Honnêtement, j’ai pleuré de rire. À plusieurs reprises. Et à en juger par l’hilarité qui secouait la foule, je ne devais pas être la seule!

Les comédiens, pour la plupart assez jeunes, sont aussi expressifs que talentueux. Alexandre Martin, qui campe le rôle de Jos, joue à merveille les différentes déclinaisons de la surprise et du malaise, s’embourbant toujours davantage dans les savoureux mensonges que son personnage ne cesse de multiplier. En ce qui concerne Simon Turcotte, l’interprète de l’excentrique (et excellent) Gustave Farmer, il est impossible de ne pas se tordre de rire devant la panoplie de mimiques qu’il offre au public ; il s’approprie parfaitement bien ce personnage hilarant qui, à chacune de ses apparitions, va forcément rendre l’histoire encore plus complexe.

Dans le rôle de Carmen Bleau, la première femme de Jos, Alicia Lemieux joue aussi bien le dédain sarcastique que l’hystérie, alors que son personnage peine à comprendre ce qui se passe autour d’elle ; Alexe Laroche, quant à elle, incarne parfaitement la naïveté et la candeur de Thérèse, l’autre femme de Jos. Du côté des forces de l’ordre, Denis Bégin est très convaincant dans le rôle du strict et (quasi) inébranlable Trottier, qui tente réellement de faire la lumière sur ce qui se passe ; on ne peut pas en dire autant des motivations du grand dadais de Grand’Maison, dans la peau duquel Nicolas Duquette démontre autant de crédulité que de bonhomie. Toute cette joyeuse bande est complétée par Steve Méthot, dont l’interprétation réjouissante et caricaturale de « la grand’ folle » qu’est Jeannot Pépin vient rajouter une couche d’absurdité à cette histoire complètement décalée.

Un délice, je vous dis.

Si vous habitez l’Estrie, ou si vous demeurez à l’extérieur et qu’une visite estivale à Sherbrooke vous tente, n’hésitez pas à venir faire un tour au Parvis pour voir les artisans de Skênê Machine à l’œuvre ; vous en aurez amplement pour votre argent.

Du théâtre amateur? Je ne pense pas. Pour moi, il y a une qualité certaine et un grand professionnalisme derrière la mise en scène, l’interprétation et le rythme de cette production.

Mais bon, qui suis-je pour dire une chose pareille? Après tout, je ne suis pas une grande spécialiste de théâtre…

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Haute Fidélité

Présenté du 9 juillet au 15 août à la Salle du Parvis, 987 rue du Conseil, Sherbrooke

20 h / 20 $

Pour acheter des billets: www.salleduparvis.com ou (819) 566-6264

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